Row rect Shape Decorative svg added to top

Année 2026-Homélie pour le 13ème dimanche du temps ordinaire (JMS).

Christ Pantocrator, 12th cent.

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi.

 

Aujourd’hui, demain, le Christ va se présenter à moi pour mendier un verre d’eau, un sourire, un service, un renoncement à moi. Saurai-je le reconnaître ?

 

_________________________________________________
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Pour formuler une pareille prétention, il faut être fou ou Dieu.
La bienheureuse María Guggiari Echeverría (1925-1959) fait vœu de pauvreté lorsqu’elle a 18 ans, à la consternation de ses parents. Cependant, comme elle reste active et heureuse, se mettant au service des enfants, des personnes âgées et des malades, sa famille finit par accepter sa vocation. Mais quand elle décide de devenir carmélite, la marche est trop haute. Elle qui est si vive, aime tant sa vie de service et déteste le silence, comment une existence cloîtrée pourrait-elle la rendre heureuse? Les prêtres du Paraguay insistent: une personne aussi talentueuse et féconde qu’elle n’a rien à faire derrière les murs d’un cloître. Mais même si Maria sait que sa famille l’aime, elle doit suivre Celui qui l’aime encore plus. Elle meurt quelques années seulement après être entrée au Carmel, en épouse radieuse du Christ.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Pour formuler une pareille prétention, il faut être fou ou Dieu.
Or, la parole de Jésus a été écoutée. Jamais homme n’a été aimé comme celui-là. Des millions de vierges n’ont voulu connaître d’autre amour que le sien. Pour lui des myriades de martyrs ont versé jusqu’à la dernière goutte de leur sang. Des légions innombrables d’hommes et de femmes ont voué leur vie au soulagement de toutes les misères parce que le Christ a dit: « Ce que vous faites au plus petit des miens, c’est à moi-même que vous le faites ». On dira peut-être que le service de Jésus-Christ a des exigences au-dessus des forces humaines. Oui, répond saint Augustin, au-dessus des forces de ceux qui n’aiment pas. Seul celui qui aime peut accéder à la véritable intelligence. L’amour n’est vrai que dans le don total de soi. C’est sur l’abnégation (c’est-à-dire le renoncement à ses intérêts, à ses conforts pour avancer l’œuvre du Royaume de Dieu) que se fonde le christianisme. Sommes-nous les disciples de Jésus ce si bon maître et modèle ?

Celui-là seulement est un digne disciple de Jésus-Christ, qui « prend sa croix et marche à ma suite ». La phrase dans l’Evangile d’aujourd’hui qui explique bien ce renoncement que nous devons vivre est «qui a trouvé sa vie la perdra; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera ».
Voyez-vous, celui qui donne sa vie pour Jésus est plus avisé que l’apostat (celui qui renie Jésus formellement ou simplement par sa manière de vivre.) Les habiles, les jouisseurs, les sages de la terre, tous ceux dont saint Paul a dit qu’ils n’entendent rien aux choses de Dieu pensent « sauver leur vie » (en somme toutes ses choses dans lequel ils mettent leur bonheur). De fait, il le perde ce bonheur à courte vue. Pourquoi? Parce qu’ils mettent le paquet sur du consommable, des choses qui ne durent pas, du matériel, du mondain, du stylé. Pourquoi et comment? Parce qu’ils mettent le paquet au point d’en refuser leurs destinées éternelles.
Ceux qui « perdent leur vie » pour Jésus-Christ, en la conduisant d’après l’Evangile, se sauvent! C’est l’image de la perle précieuse, qui à elle seule, suffit pour enrichir. « L’âme qui espère en Dieu sera, par sa miséricorde, changée en un beau diamant » sainte Mariam de Jésus Crucifié.
Le Serviteur de Dieu Maurice Michael Otunga (1923-2003) est le fils d’un chef tribal au Kenya. Son père avait des dizaines de femmes, mais c’est Maurice qu’il choisit pour être son successeur à la tête de la tribu. Quand Maurice demande à recevoir le baptême à l’âge de 12 ans, son père refuse, avant de finir par céder. Lorsque le jeune homme souhaite entrer au séminaire, son père garde le silence pendant 24 heures. Il finit par le laisser partir de mauvaise grâce, en lui disant qu’il sortira sûrement en cours de route. Malgré les nombreuses tentatives de son père de lui faire renoncer à sa vocation au cours des années suivantes, Maurice est ordonné prêtre puis nommé évêque à seulement 33 ans. Près de 30 ans après sa conversion, ses parents reçoivent le baptême à leur tour, enfin convaincus de la vocation de leur fils. Maurice devient un ardent défenseur de la vie humaine et de la justice sociale et s’associe à des chefs musulmans locaux pour s’opposer à la contraception. Il devient le premier cardinal kenyan.

Pour donner confiance aux apôtres qu’il envoie, pour engager les autres à les accueillir, le maître déclare qu’il y a une sorte d’identité entre lui et ses disciples. Dieu dans son Christ, le Christ dans ses apôtres et ceux-ci dans les chrétiens par l’assistance qu’ils en reçoivent: telle est le lien d’excellence qui rattache la terre au ciel. On s’associe aux œuvres et aux mérites de l’apôtre, du prophète et du juste, en les recevant et les aidant, parce qu’ils sont tels.
« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense ». Si petit que soit celui qui vient au nom de Jésus, si peut qu’on lui donne à ce titre, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche: c’est là un dévouement à la cause du Christ, qui ne sera pas oublié. Et sa récompense ne sera pas d’ordre purement terrestre; d’une façon ou d’une autre elle peut contribuer au salut éternel.
Sainte Mariam de Jésus-Crucifié rendra son dernier service en allant porter de l’eau aux ouvriers qui construisaient le carmel de Bethléem, le vénérable Jacques Sevin se donna une dernière fois en allant porter le sacrement des malades à une pauvre chrétienne par un temps épouvantable, saint Martin accomplit un geste immense par l’offrande de son manteau, saint Christophe, dont le nom signifie qui porte le Christ, porta l’Enfant Jésus de l’autre côté du fleuve.
Ici, ce dimanche, nous avons reçu un coup de projecteur ciblé sur ce qui fait de tous les chrétiens un seul et même corps dont le Christ est la tête. Ce mystère ennoblit et féconde la vie chrétienne. Les saints, membres du Corps du Christ, répètent par leur vie, combien est belle, assurée pour notre salut éternel, la vie selon l’Evangile, la vie chrétienne.
Aujourd’hui, demain, le Christ va se présenter à moi pour mendier un verre d’eau, un sourire, un service, un renoncement à moi. Saurai-je le reconnaître?

Publié le 28 juin 2026

Row rect Shape Decorative svg added to top

Année 2026-Homélie pour le 13ème dimanche du temps ordinaire (JMS).

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi.

 

Aujourd’hui, demain, le Christ va se présenter à moi pour mendier un verre d’eau, un sourire, un service, un renoncement à moi. Saurai-je le reconnaître ?

 

_________________________________________________
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Pour formuler une pareille prétention, il faut être fou ou Dieu.
La bienheureuse María Guggiari Echeverría (1925-1959) fait vœu de pauvreté lorsqu’elle a 18 ans, à la consternation de ses parents. Cependant, comme elle reste active et heureuse, se mettant au service des enfants, des personnes âgées et des malades, sa famille finit par accepter sa vocation. Mais quand elle décide de devenir carmélite, la marche est trop haute. Elle qui est si vive, aime tant sa vie de service et déteste le silence, comment une existence cloîtrée pourrait-elle la rendre heureuse? Les prêtres du Paraguay insistent: une personne aussi talentueuse et féconde qu’elle n’a rien à faire derrière les murs d’un cloître. Mais même si Maria sait que sa famille l’aime, elle doit suivre Celui qui l’aime encore plus. Elle meurt quelques années seulement après être entrée au Carmel, en épouse radieuse du Christ.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Pour formuler une pareille prétention, il faut être fou ou Dieu.
Or, la parole de Jésus a été écoutée. Jamais homme n’a été aimé comme celui-là. Des millions de vierges n’ont voulu connaître d’autre amour que le sien. Pour lui des myriades de martyrs ont versé jusqu’à la dernière goutte de leur sang. Des légions innombrables d’hommes et de femmes ont voué leur vie au soulagement de toutes les misères parce que le Christ a dit: « Ce que vous faites au plus petit des miens, c’est à moi-même que vous le faites ». On dira peut-être que le service de Jésus-Christ a des exigences au-dessus des forces humaines. Oui, répond saint Augustin, au-dessus des forces de ceux qui n’aiment pas. Seul celui qui aime peut accéder à la véritable intelligence. L’amour n’est vrai que dans le don total de soi. C’est sur l’abnégation (c’est-à-dire le renoncement à ses intérêts, à ses conforts pour avancer l’œuvre du Royaume de Dieu) que se fonde le christianisme. Sommes-nous les disciples de Jésus ce si bon maître et modèle ?

Celui-là seulement est un digne disciple de Jésus-Christ, qui « prend sa croix et marche à ma suite ». La phrase dans l’Evangile d’aujourd’hui qui explique bien ce renoncement que nous devons vivre est «qui a trouvé sa vie la perdra; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera ».
Voyez-vous, celui qui donne sa vie pour Jésus est plus avisé que l’apostat (celui qui renie Jésus formellement ou simplement par sa manière de vivre.) Les habiles, les jouisseurs, les sages de la terre, tous ceux dont saint Paul a dit qu’ils n’entendent rien aux choses de Dieu pensent « sauver leur vie » (en somme toutes ses choses dans lequel ils mettent leur bonheur). De fait, il le perde ce bonheur à courte vue. Pourquoi? Parce qu’ils mettent le paquet sur du consommable, des choses qui ne durent pas, du matériel, du mondain, du stylé. Pourquoi et comment? Parce qu’ils mettent le paquet au point d’en refuser leurs destinées éternelles.
Ceux qui « perdent leur vie » pour Jésus-Christ, en la conduisant d’après l’Evangile, se sauvent! C’est l’image de la perle précieuse, qui à elle seule, suffit pour enrichir. « L’âme qui espère en Dieu sera, par sa miséricorde, changée en un beau diamant » sainte Mariam de Jésus Crucifié.
Le Serviteur de Dieu Maurice Michael Otunga (1923-2003) est le fils d’un chef tribal au Kenya. Son père avait des dizaines de femmes, mais c’est Maurice qu’il choisit pour être son successeur à la tête de la tribu. Quand Maurice demande à recevoir le baptême à l’âge de 12 ans, son père refuse, avant de finir par céder. Lorsque le jeune homme souhaite entrer au séminaire, son père garde le silence pendant 24 heures. Il finit par le laisser partir de mauvaise grâce, en lui disant qu’il sortira sûrement en cours de route. Malgré les nombreuses tentatives de son père de lui faire renoncer à sa vocation au cours des années suivantes, Maurice est ordonné prêtre puis nommé évêque à seulement 33 ans. Près de 30 ans après sa conversion, ses parents reçoivent le baptême à leur tour, enfin convaincus de la vocation de leur fils. Maurice devient un ardent défenseur de la vie humaine et de la justice sociale et s’associe à des chefs musulmans locaux pour s’opposer à la contraception. Il devient le premier cardinal kenyan.

Pour donner confiance aux apôtres qu’il envoie, pour engager les autres à les accueillir, le maître déclare qu’il y a une sorte d’identité entre lui et ses disciples. Dieu dans son Christ, le Christ dans ses apôtres et ceux-ci dans les chrétiens par l’assistance qu’ils en reçoivent: telle est le lien d’excellence qui rattache la terre au ciel. On s’associe aux œuvres et aux mérites de l’apôtre, du prophète et du juste, en les recevant et les aidant, parce qu’ils sont tels.
« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense ». Si petit que soit celui qui vient au nom de Jésus, si peut qu’on lui donne à ce titre, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche: c’est là un dévouement à la cause du Christ, qui ne sera pas oublié. Et sa récompense ne sera pas d’ordre purement terrestre; d’une façon ou d’une autre elle peut contribuer au salut éternel.
Sainte Mariam de Jésus-Crucifié rendra son dernier service en allant porter de l’eau aux ouvriers qui construisaient le carmel de Bethléem, le vénérable Jacques Sevin se donna une dernière fois en allant porter le sacrement des malades à une pauvre chrétienne par un temps épouvantable, saint Martin accomplit un geste immense par l’offrande de son manteau, saint Christophe, dont le nom signifie qui porte le Christ, porta l’Enfant Jésus de l’autre côté du fleuve.
Ici, ce dimanche, nous avons reçu un coup de projecteur ciblé sur ce qui fait de tous les chrétiens un seul et même corps dont le Christ est la tête. Ce mystère ennoblit et féconde la vie chrétienne. Les saints, membres du Corps du Christ, répètent par leur vie, combien est belle, assurée pour notre salut éternel, la vie selon l’Evangile, la vie chrétienne.
Aujourd’hui, demain, le Christ va se présenter à moi pour mendier un verre d’eau, un sourire, un service, un renoncement à moi. Saurai-je le reconnaître?

Publié le 28 juin 2026

Row rect Shape Decorative svg added to top

Année 2026-Homélie pour le 13ème dimanche du temps ordinaire (JMS).

Christ Pantocrator, 12th cent.

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi.

 

Aujourd’hui, demain, le Christ va se présenter à moi pour mendier un verre d’eau, un sourire, un service, un renoncement à moi. Saurai-je le reconnaître ?

 

_________________________________________________
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Pour formuler une pareille prétention, il faut être fou ou Dieu.
La bienheureuse María Guggiari Echeverría (1925-1959) fait vœu de pauvreté lorsqu’elle a 18 ans, à la consternation de ses parents. Cependant, comme elle reste active et heureuse, se mettant au service des enfants, des personnes âgées et des malades, sa famille finit par accepter sa vocation. Mais quand elle décide de devenir carmélite, la marche est trop haute. Elle qui est si vive, aime tant sa vie de service et déteste le silence, comment une existence cloîtrée pourrait-elle la rendre heureuse? Les prêtres du Paraguay insistent: une personne aussi talentueuse et féconde qu’elle n’a rien à faire derrière les murs d’un cloître. Mais même si Maria sait que sa famille l’aime, elle doit suivre Celui qui l’aime encore plus. Elle meurt quelques années seulement après être entrée au Carmel, en épouse radieuse du Christ.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Pour formuler une pareille prétention, il faut être fou ou Dieu.
Or, la parole de Jésus a été écoutée. Jamais homme n’a été aimé comme celui-là. Des millions de vierges n’ont voulu connaître d’autre amour que le sien. Pour lui des myriades de martyrs ont versé jusqu’à la dernière goutte de leur sang. Des légions innombrables d’hommes et de femmes ont voué leur vie au soulagement de toutes les misères parce que le Christ a dit: « Ce que vous faites au plus petit des miens, c’est à moi-même que vous le faites ». On dira peut-être que le service de Jésus-Christ a des exigences au-dessus des forces humaines. Oui, répond saint Augustin, au-dessus des forces de ceux qui n’aiment pas. Seul celui qui aime peut accéder à la véritable intelligence. L’amour n’est vrai que dans le don total de soi. C’est sur l’abnégation (c’est-à-dire le renoncement à ses intérêts, à ses conforts pour avancer l’œuvre du Royaume de Dieu) que se fonde le christianisme. Sommes-nous les disciples de Jésus ce si bon maître et modèle ?

Celui-là seulement est un digne disciple de Jésus-Christ, qui « prend sa croix et marche à ma suite ». La phrase dans l’Evangile d’aujourd’hui qui explique bien ce renoncement que nous devons vivre est «qui a trouvé sa vie la perdra; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera ».
Voyez-vous, celui qui donne sa vie pour Jésus est plus avisé que l’apostat (celui qui renie Jésus formellement ou simplement par sa manière de vivre.) Les habiles, les jouisseurs, les sages de la terre, tous ceux dont saint Paul a dit qu’ils n’entendent rien aux choses de Dieu pensent « sauver leur vie » (en somme toutes ses choses dans lequel ils mettent leur bonheur). De fait, il le perde ce bonheur à courte vue. Pourquoi? Parce qu’ils mettent le paquet sur du consommable, des choses qui ne durent pas, du matériel, du mondain, du stylé. Pourquoi et comment? Parce qu’ils mettent le paquet au point d’en refuser leurs destinées éternelles.
Ceux qui « perdent leur vie » pour Jésus-Christ, en la conduisant d’après l’Evangile, se sauvent! C’est l’image de la perle précieuse, qui à elle seule, suffit pour enrichir. « L’âme qui espère en Dieu sera, par sa miséricorde, changée en un beau diamant » sainte Mariam de Jésus Crucifié.
Le Serviteur de Dieu Maurice Michael Otunga (1923-2003) est le fils d’un chef tribal au Kenya. Son père avait des dizaines de femmes, mais c’est Maurice qu’il choisit pour être son successeur à la tête de la tribu. Quand Maurice demande à recevoir le baptême à l’âge de 12 ans, son père refuse, avant de finir par céder. Lorsque le jeune homme souhaite entrer au séminaire, son père garde le silence pendant 24 heures. Il finit par le laisser partir de mauvaise grâce, en lui disant qu’il sortira sûrement en cours de route. Malgré les nombreuses tentatives de son père de lui faire renoncer à sa vocation au cours des années suivantes, Maurice est ordonné prêtre puis nommé évêque à seulement 33 ans. Près de 30 ans après sa conversion, ses parents reçoivent le baptême à leur tour, enfin convaincus de la vocation de leur fils. Maurice devient un ardent défenseur de la vie humaine et de la justice sociale et s’associe à des chefs musulmans locaux pour s’opposer à la contraception. Il devient le premier cardinal kenyan.

Pour donner confiance aux apôtres qu’il envoie, pour engager les autres à les accueillir, le maître déclare qu’il y a une sorte d’identité entre lui et ses disciples. Dieu dans son Christ, le Christ dans ses apôtres et ceux-ci dans les chrétiens par l’assistance qu’ils en reçoivent: telle est le lien d’excellence qui rattache la terre au ciel. On s’associe aux œuvres et aux mérites de l’apôtre, du prophète et du juste, en les recevant et les aidant, parce qu’ils sont tels.
« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense ». Si petit que soit celui qui vient au nom de Jésus, si peut qu’on lui donne à ce titre, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche: c’est là un dévouement à la cause du Christ, qui ne sera pas oublié. Et sa récompense ne sera pas d’ordre purement terrestre; d’une façon ou d’une autre elle peut contribuer au salut éternel.
Sainte Mariam de Jésus-Crucifié rendra son dernier service en allant porter de l’eau aux ouvriers qui construisaient le carmel de Bethléem, le vénérable Jacques Sevin se donna une dernière fois en allant porter le sacrement des malades à une pauvre chrétienne par un temps épouvantable, saint Martin accomplit un geste immense par l’offrande de son manteau, saint Christophe, dont le nom signifie qui porte le Christ, porta l’Enfant Jésus de l’autre côté du fleuve.
Ici, ce dimanche, nous avons reçu un coup de projecteur ciblé sur ce qui fait de tous les chrétiens un seul et même corps dont le Christ est la tête. Ce mystère ennoblit et féconde la vie chrétienne. Les saints, membres du Corps du Christ, répètent par leur vie, combien est belle, assurée pour notre salut éternel, la vie selon l’Evangile, la vie chrétienne.
Aujourd’hui, demain, le Christ va se présenter à moi pour mendier un verre d’eau, un sourire, un service, un renoncement à moi. Saurai-je le reconnaître?

Dans ce dossier

Publié le 28 juin 2026