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Année 2026-Homélie pour la fête de sainte Jeanne d’Arc (JA).

jeanne d'arc statue dorée

Mai : mois de la Vierge Marie.

 

Qu’en ce mois de mai nous puissions grandir dans cette belle et avantageuse dévotion à la Vierge Marie, afin qu’Elle nous obtienne de notre Père toute grâce et bénédiction. Que sainte Jeanne nous inspire aussi un amour toujours plus grand et fidèle envers notre Mère du Ciel.

 

____________________________________________________

Le 8 mai 1429, sainte Jeanne d’Arc monte avec ses troupes à l’assaut des Anglais qui assiégeait la ville d’Orléans depuis huit mois. Défaites, les troupes anglo-bourguignonnes lèvent le siège. C’est la première victoire de Jeanne. Par la suite et sans tarder la commémoration de ce fait s’inscrit dans le calendrier religieux-liturgique. Puisque sainte Jeanne s’est battu pour Dieu et pour la foi: « Messire Dieu premier servi ».

La liturgie nous propose donc, en ce dimanche (par sa proximité avec le 8 mai), de célébrer Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France.
En même temps, courant le mois de mai l’Eglise honore spécialement la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle sainte Jeanne était particulièrement dévote. Je voudrais alors vous proposer une méditation sur cette sainte et avantageuse dévotion.

Selon la Tradition de l’Eglise, l’enseignement et la pratique de saints, il n’y a pas de moyen plus efficace pour obtenir de Dieu les grâces dont nous avons besoin que de nous approcher de Lui bien accompagnés et guidés par la Mère de son Fils, la Très Sainte Vierge Marie. Elle qui est toute remplie de l’Esprit de Dieu rend agréables au Père nos pauvres prières en nous procurant de cette manière la joie. Cette vérité est bien fondée sur la Sainte Ecriture: lorsque le Seigneur maudit le serpent pour avoir causé la chute de nos premiers parents dans le paradis, il a prononcé ces paroles prophétiques: « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci te meurtrira la tête et toi, tu lui meurtriras le talon » (Gn 3,15).
Au cours des siècles cette parole prophétique a vu son accomplissement. Une humble fille de Nazareth, conçue sans péché originel, a conçu à son tour de l’Esprit Saint et avec plein consentement de sa part, le Rédempteur du genre humain. Et non seulement elle l’a conçu, mais aussi elle l’a accompagné pendant sa passion et sa mort sur la croix, offrant à Dieu, pour le salut des hommes, son propre Fils ainsi que les très grandes douleurs de son Cœur immaculé. En vertu de tout cela Marie est devenue, selon l’enseignement de plusieurs théologiens, « Corédemptrice ».

Mais le Christ n’est pas uniquement un personnage historique, qui a souffert et qui est mort il y a deux mille ans. Le Christ est Dieu, et son corps mystique est formé par tous les chrétiens. Ainsi donc, si la rédemption objective fut accomplie sur la croix (« l’agneau pascal a été immolé »), la rédemption subjective, par laquelle les grâces obtenues par le Christ sont appliquées aux hommes, est encore en train de s’accomplir. Dans ce sens saint Paul a pu enseigner: « ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair je l’accomplis pour son corps qui est l’Eglise » (Col 1,24).

Marie est Mère du Christ, non seulement du Christ historique mais aussi du Christ mystique, du « Christ total » [selon expression de saint Augustin], dont la tête est le Fils unique de Dieu (Jésus) et le corps c’est nous. C’est pour cela que Marie est notre Mère. On ne peut pas diviser le Christ; on ne peut pas séparer la tête du corps. La Mère ne peut pas engendrer la tête sans le corps. La mission de Marie a été de mettre au monde le Christ, son premier-né et de l’éduquer; de la même manière doit-elle faire avec ses autres enfants que nous sommes.
La mission de Marie donc n’est pas encore terminée. Elle a participé à la rédemption objective et elle collabore encore avec notre rédemption subjective. Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et nous; Marie, de son côté, est la médiatrice entre le Christ et nous. Ainsi saint Bernard affirme: « Dieu a voulu que nous n’obtenions rien qui n’ait passé par les mains de Marie ». Saint Bonaventure: « Toutes les grâces qui nous viennent d’en haut nous les recevons par Marie ». Et saint Ambroise: « c’est par Elle [par Marie] que toutes les grâces descendent du Ciel ». Marie est donc Médiatrice de toutes les grâces.
L’histoire de l’Eglise témoigne de cette mission et bienveillance de la Vierge Marie envers ses enfants. Dans l’Evangile Marie semble être appelée au silence et à rester au second plan. Là elle ne parle que six fois. « Elle s’est cachée en ce monde, dit saint Louis Marie Grignon de Montfort, et s’est placée plus bas que la poussière même à cause de sa propre humilité, ayant obtenu de Dieu, de ses apôtres et évangélistes, qu’ils ne la manifestent à peine ».
Mais une fois la Rédemption consommée, une fois le Christ monté au Ciel, Marie est devenue, par gravitation naturelle, le centre de l’Eglise naissante. « Le Christ, dit saint Pierre Canisius, leur a laissé Marie en tant que mère et maitresse, dont la douce présence était pour tous un réconfort dans la tristesse, une lumière dans la foi, une force dans le combat et un  soutien singulier dans leurs premiers pas ».

Depuis, nombreuses sont ses apparitions au long des siècles. Les raisons les plus diverses donnent lieu à ces apparitions. Ils visent souvent à fournir les moyens conçus par sa miséricorde pour faciliter le salut des hommes. « Marie, dit le Saint Curé d’Ars, ne se reposera qu’à la fin du monde ». Elle cherche et réalise le Royaume du Christ en chaque chrétien qui la prie, au point que les théologiens affirment que la dévotion à Marie est un signe certain de prédestination. « Par Marie a commencé le salut des hommes et à travers Marie il doit être consommé » (saint Louis Marie Grignon de Monfort).
La Sainte Vierge Marie, lors de temps difficiles pour l’Eglise, apparut à saint Dominique et lui dit: « Sais-tu, mon cher Dominique, de quelle arme la Sainte Trinité s’est servie pour réformer le monde ? ». « Ô Madame, répondit-il, vous le savez mieux que moi, car, après votre Fils Jésus-Christ, vous avez été le principal instrument de notre salut ». Elle ajouta : « Sache que la principale pièce de batterie a été le Psautier angélique (c’est-à-dire le Saint Rosaire), qui est le fondement du Nouveau Testament; c’est pourquoi, si tu veux gagner à Dieu ces cœurs endurcis, prêche mon saint Rosaire ».
Ce n’est pas proprement la longueur, mais la ferveur de la prière, qui plaît à Dieu et qui lui gagne le cœur. Un seul « Ave Maria » bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. Ainsi pour plaire à Dieu et devenir plus saints, il nous faut réciter le chapelet en état de grâce [bien confessés] ou du moins dans la résolution de sortir de notre péché, pour que notre cœur s’accorde avec notre langue. « Ainsi, dit Saint Louis Marie G. de M., nous conseillons le saint Rosaire à tout le monde: aux justes pour persévérer et croître dans la grâce de Dieu, aux pécheurs pour sortir de leurs péchés ».

Qu’en ce mois de mai nous puissions grandir dans cette belle et avantageuse dévotion à la Vierge Marie, afin qu’Elle nous obtienne de notre Père toute grâce et bénédiction. Que sainte Jeanne nous inspire aussi un amour toujours plus grand et fidèle envers notre Mère du Ciel.
Je termine en empruntant les paroles de Michelet (historien français) qui peuvent si bien appliquer à sainte Jeanne d’Arc qu’à notre Mère du Ciel, la très sainte Vierge Marie: « Souvenons-nous toujours, Français, que la patrie chez nous est née du cœur d’une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu’elle a donné pour nous ».

Publié le 11 mai 2026

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Année 2026-Homélie pour la fête de sainte Jeanne d’Arc (JA).

Mai : mois de la Vierge Marie.

 

Qu’en ce mois de mai nous puissions grandir dans cette belle et avantageuse dévotion à la Vierge Marie, afin qu’Elle nous obtienne de notre Père toute grâce et bénédiction. Que sainte Jeanne nous inspire aussi un amour toujours plus grand et fidèle envers notre Mère du Ciel.

 

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Le 8 mai 1429, sainte Jeanne d’Arc monte avec ses troupes à l’assaut des Anglais qui assiégeait la ville d’Orléans depuis huit mois. Défaites, les troupes anglo-bourguignonnes lèvent le siège. C’est la première victoire de Jeanne. Par la suite et sans tarder la commémoration de ce fait s’inscrit dans le calendrier religieux-liturgique. Puisque sainte Jeanne s’est battu pour Dieu et pour la foi: « Messire Dieu premier servi ».

La liturgie nous propose donc, en ce dimanche (par sa proximité avec le 8 mai), de célébrer Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France.
En même temps, courant le mois de mai l’Eglise honore spécialement la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle sainte Jeanne était particulièrement dévote. Je voudrais alors vous proposer une méditation sur cette sainte et avantageuse dévotion.

Selon la Tradition de l’Eglise, l’enseignement et la pratique de saints, il n’y a pas de moyen plus efficace pour obtenir de Dieu les grâces dont nous avons besoin que de nous approcher de Lui bien accompagnés et guidés par la Mère de son Fils, la Très Sainte Vierge Marie. Elle qui est toute remplie de l’Esprit de Dieu rend agréables au Père nos pauvres prières en nous procurant de cette manière la joie. Cette vérité est bien fondée sur la Sainte Ecriture: lorsque le Seigneur maudit le serpent pour avoir causé la chute de nos premiers parents dans le paradis, il a prononcé ces paroles prophétiques: « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci te meurtrira la tête et toi, tu lui meurtriras le talon » (Gn 3,15).
Au cours des siècles cette parole prophétique a vu son accomplissement. Une humble fille de Nazareth, conçue sans péché originel, a conçu à son tour de l’Esprit Saint et avec plein consentement de sa part, le Rédempteur du genre humain. Et non seulement elle l’a conçu, mais aussi elle l’a accompagné pendant sa passion et sa mort sur la croix, offrant à Dieu, pour le salut des hommes, son propre Fils ainsi que les très grandes douleurs de son Cœur immaculé. En vertu de tout cela Marie est devenue, selon l’enseignement de plusieurs théologiens, « Corédemptrice ».

Mais le Christ n’est pas uniquement un personnage historique, qui a souffert et qui est mort il y a deux mille ans. Le Christ est Dieu, et son corps mystique est formé par tous les chrétiens. Ainsi donc, si la rédemption objective fut accomplie sur la croix (« l’agneau pascal a été immolé »), la rédemption subjective, par laquelle les grâces obtenues par le Christ sont appliquées aux hommes, est encore en train de s’accomplir. Dans ce sens saint Paul a pu enseigner: « ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair je l’accomplis pour son corps qui est l’Eglise » (Col 1,24).

Marie est Mère du Christ, non seulement du Christ historique mais aussi du Christ mystique, du « Christ total » [selon expression de saint Augustin], dont la tête est le Fils unique de Dieu (Jésus) et le corps c’est nous. C’est pour cela que Marie est notre Mère. On ne peut pas diviser le Christ; on ne peut pas séparer la tête du corps. La Mère ne peut pas engendrer la tête sans le corps. La mission de Marie a été de mettre au monde le Christ, son premier-né et de l’éduquer; de la même manière doit-elle faire avec ses autres enfants que nous sommes.
La mission de Marie donc n’est pas encore terminée. Elle a participé à la rédemption objective et elle collabore encore avec notre rédemption subjective. Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et nous; Marie, de son côté, est la médiatrice entre le Christ et nous. Ainsi saint Bernard affirme: « Dieu a voulu que nous n’obtenions rien qui n’ait passé par les mains de Marie ». Saint Bonaventure: « Toutes les grâces qui nous viennent d’en haut nous les recevons par Marie ». Et saint Ambroise: « c’est par Elle [par Marie] que toutes les grâces descendent du Ciel ». Marie est donc Médiatrice de toutes les grâces.
L’histoire de l’Eglise témoigne de cette mission et bienveillance de la Vierge Marie envers ses enfants. Dans l’Evangile Marie semble être appelée au silence et à rester au second plan. Là elle ne parle que six fois. « Elle s’est cachée en ce monde, dit saint Louis Marie Grignon de Montfort, et s’est placée plus bas que la poussière même à cause de sa propre humilité, ayant obtenu de Dieu, de ses apôtres et évangélistes, qu’ils ne la manifestent à peine ».
Mais une fois la Rédemption consommée, une fois le Christ monté au Ciel, Marie est devenue, par gravitation naturelle, le centre de l’Eglise naissante. « Le Christ, dit saint Pierre Canisius, leur a laissé Marie en tant que mère et maitresse, dont la douce présence était pour tous un réconfort dans la tristesse, une lumière dans la foi, une force dans le combat et un  soutien singulier dans leurs premiers pas ».

Depuis, nombreuses sont ses apparitions au long des siècles. Les raisons les plus diverses donnent lieu à ces apparitions. Ils visent souvent à fournir les moyens conçus par sa miséricorde pour faciliter le salut des hommes. « Marie, dit le Saint Curé d’Ars, ne se reposera qu’à la fin du monde ». Elle cherche et réalise le Royaume du Christ en chaque chrétien qui la prie, au point que les théologiens affirment que la dévotion à Marie est un signe certain de prédestination. « Par Marie a commencé le salut des hommes et à travers Marie il doit être consommé » (saint Louis Marie Grignon de Monfort).
La Sainte Vierge Marie, lors de temps difficiles pour l’Eglise, apparut à saint Dominique et lui dit: « Sais-tu, mon cher Dominique, de quelle arme la Sainte Trinité s’est servie pour réformer le monde ? ». « Ô Madame, répondit-il, vous le savez mieux que moi, car, après votre Fils Jésus-Christ, vous avez été le principal instrument de notre salut ». Elle ajouta : « Sache que la principale pièce de batterie a été le Psautier angélique (c’est-à-dire le Saint Rosaire), qui est le fondement du Nouveau Testament; c’est pourquoi, si tu veux gagner à Dieu ces cœurs endurcis, prêche mon saint Rosaire ».
Ce n’est pas proprement la longueur, mais la ferveur de la prière, qui plaît à Dieu et qui lui gagne le cœur. Un seul « Ave Maria » bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. Ainsi pour plaire à Dieu et devenir plus saints, il nous faut réciter le chapelet en état de grâce [bien confessés] ou du moins dans la résolution de sortir de notre péché, pour que notre cœur s’accorde avec notre langue. « Ainsi, dit Saint Louis Marie G. de M., nous conseillons le saint Rosaire à tout le monde: aux justes pour persévérer et croître dans la grâce de Dieu, aux pécheurs pour sortir de leurs péchés ».

Qu’en ce mois de mai nous puissions grandir dans cette belle et avantageuse dévotion à la Vierge Marie, afin qu’Elle nous obtienne de notre Père toute grâce et bénédiction. Que sainte Jeanne nous inspire aussi un amour toujours plus grand et fidèle envers notre Mère du Ciel.
Je termine en empruntant les paroles de Michelet (historien français) qui peuvent si bien appliquer à sainte Jeanne d’Arc qu’à notre Mère du Ciel, la très sainte Vierge Marie: « Souvenons-nous toujours, Français, que la patrie chez nous est née du cœur d’une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu’elle a donné pour nous ».

Publié le 11 mai 2026

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Année 2026-Homélie pour la fête de sainte Jeanne d’Arc (JA).

jeanne d'arc statue dorée

Mai : mois de la Vierge Marie.

 

Qu’en ce mois de mai nous puissions grandir dans cette belle et avantageuse dévotion à la Vierge Marie, afin qu’Elle nous obtienne de notre Père toute grâce et bénédiction. Que sainte Jeanne nous inspire aussi un amour toujours plus grand et fidèle envers notre Mère du Ciel.

 

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Le 8 mai 1429, sainte Jeanne d’Arc monte avec ses troupes à l’assaut des Anglais qui assiégeait la ville d’Orléans depuis huit mois. Défaites, les troupes anglo-bourguignonnes lèvent le siège. C’est la première victoire de Jeanne. Par la suite et sans tarder la commémoration de ce fait s’inscrit dans le calendrier religieux-liturgique. Puisque sainte Jeanne s’est battu pour Dieu et pour la foi: « Messire Dieu premier servi ».

La liturgie nous propose donc, en ce dimanche (par sa proximité avec le 8 mai), de célébrer Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France.
En même temps, courant le mois de mai l’Eglise honore spécialement la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle sainte Jeanne était particulièrement dévote. Je voudrais alors vous proposer une méditation sur cette sainte et avantageuse dévotion.

Selon la Tradition de l’Eglise, l’enseignement et la pratique de saints, il n’y a pas de moyen plus efficace pour obtenir de Dieu les grâces dont nous avons besoin que de nous approcher de Lui bien accompagnés et guidés par la Mère de son Fils, la Très Sainte Vierge Marie. Elle qui est toute remplie de l’Esprit de Dieu rend agréables au Père nos pauvres prières en nous procurant de cette manière la joie. Cette vérité est bien fondée sur la Sainte Ecriture: lorsque le Seigneur maudit le serpent pour avoir causé la chute de nos premiers parents dans le paradis, il a prononcé ces paroles prophétiques: « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: celle-ci te meurtrira la tête et toi, tu lui meurtriras le talon » (Gn 3,15).
Au cours des siècles cette parole prophétique a vu son accomplissement. Une humble fille de Nazareth, conçue sans péché originel, a conçu à son tour de l’Esprit Saint et avec plein consentement de sa part, le Rédempteur du genre humain. Et non seulement elle l’a conçu, mais aussi elle l’a accompagné pendant sa passion et sa mort sur la croix, offrant à Dieu, pour le salut des hommes, son propre Fils ainsi que les très grandes douleurs de son Cœur immaculé. En vertu de tout cela Marie est devenue, selon l’enseignement de plusieurs théologiens, « Corédemptrice ».

Mais le Christ n’est pas uniquement un personnage historique, qui a souffert et qui est mort il y a deux mille ans. Le Christ est Dieu, et son corps mystique est formé par tous les chrétiens. Ainsi donc, si la rédemption objective fut accomplie sur la croix (« l’agneau pascal a été immolé »), la rédemption subjective, par laquelle les grâces obtenues par le Christ sont appliquées aux hommes, est encore en train de s’accomplir. Dans ce sens saint Paul a pu enseigner: « ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair je l’accomplis pour son corps qui est l’Eglise » (Col 1,24).

Marie est Mère du Christ, non seulement du Christ historique mais aussi du Christ mystique, du « Christ total » [selon expression de saint Augustin], dont la tête est le Fils unique de Dieu (Jésus) et le corps c’est nous. C’est pour cela que Marie est notre Mère. On ne peut pas diviser le Christ; on ne peut pas séparer la tête du corps. La Mère ne peut pas engendrer la tête sans le corps. La mission de Marie a été de mettre au monde le Christ, son premier-né et de l’éduquer; de la même manière doit-elle faire avec ses autres enfants que nous sommes.
La mission de Marie donc n’est pas encore terminée. Elle a participé à la rédemption objective et elle collabore encore avec notre rédemption subjective. Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et nous; Marie, de son côté, est la médiatrice entre le Christ et nous. Ainsi saint Bernard affirme: « Dieu a voulu que nous n’obtenions rien qui n’ait passé par les mains de Marie ». Saint Bonaventure: « Toutes les grâces qui nous viennent d’en haut nous les recevons par Marie ». Et saint Ambroise: « c’est par Elle [par Marie] que toutes les grâces descendent du Ciel ». Marie est donc Médiatrice de toutes les grâces.
L’histoire de l’Eglise témoigne de cette mission et bienveillance de la Vierge Marie envers ses enfants. Dans l’Evangile Marie semble être appelée au silence et à rester au second plan. Là elle ne parle que six fois. « Elle s’est cachée en ce monde, dit saint Louis Marie Grignon de Montfort, et s’est placée plus bas que la poussière même à cause de sa propre humilité, ayant obtenu de Dieu, de ses apôtres et évangélistes, qu’ils ne la manifestent à peine ».
Mais une fois la Rédemption consommée, une fois le Christ monté au Ciel, Marie est devenue, par gravitation naturelle, le centre de l’Eglise naissante. « Le Christ, dit saint Pierre Canisius, leur a laissé Marie en tant que mère et maitresse, dont la douce présence était pour tous un réconfort dans la tristesse, une lumière dans la foi, une force dans le combat et un  soutien singulier dans leurs premiers pas ».

Depuis, nombreuses sont ses apparitions au long des siècles. Les raisons les plus diverses donnent lieu à ces apparitions. Ils visent souvent à fournir les moyens conçus par sa miséricorde pour faciliter le salut des hommes. « Marie, dit le Saint Curé d’Ars, ne se reposera qu’à la fin du monde ». Elle cherche et réalise le Royaume du Christ en chaque chrétien qui la prie, au point que les théologiens affirment que la dévotion à Marie est un signe certain de prédestination. « Par Marie a commencé le salut des hommes et à travers Marie il doit être consommé » (saint Louis Marie Grignon de Monfort).
La Sainte Vierge Marie, lors de temps difficiles pour l’Eglise, apparut à saint Dominique et lui dit: « Sais-tu, mon cher Dominique, de quelle arme la Sainte Trinité s’est servie pour réformer le monde ? ». « Ô Madame, répondit-il, vous le savez mieux que moi, car, après votre Fils Jésus-Christ, vous avez été le principal instrument de notre salut ». Elle ajouta : « Sache que la principale pièce de batterie a été le Psautier angélique (c’est-à-dire le Saint Rosaire), qui est le fondement du Nouveau Testament; c’est pourquoi, si tu veux gagner à Dieu ces cœurs endurcis, prêche mon saint Rosaire ».
Ce n’est pas proprement la longueur, mais la ferveur de la prière, qui plaît à Dieu et qui lui gagne le cœur. Un seul « Ave Maria » bien dit est d’un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. Ainsi pour plaire à Dieu et devenir plus saints, il nous faut réciter le chapelet en état de grâce [bien confessés] ou du moins dans la résolution de sortir de notre péché, pour que notre cœur s’accorde avec notre langue. « Ainsi, dit Saint Louis Marie G. de M., nous conseillons le saint Rosaire à tout le monde: aux justes pour persévérer et croître dans la grâce de Dieu, aux pécheurs pour sortir de leurs péchés ».

Qu’en ce mois de mai nous puissions grandir dans cette belle et avantageuse dévotion à la Vierge Marie, afin qu’Elle nous obtienne de notre Père toute grâce et bénédiction. Que sainte Jeanne nous inspire aussi un amour toujours plus grand et fidèle envers notre Mère du Ciel.
Je termine en empruntant les paroles de Michelet (historien français) qui peuvent si bien appliquer à sainte Jeanne d’Arc qu’à notre Mère du Ciel, la très sainte Vierge Marie: « Souvenons-nous toujours, Français, que la patrie chez nous est née du cœur d’une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu’elle a donné pour nous ».

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Publié le 11 mai 2026