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Homélie pour le 5ème dimanche du temps ordinaire 2019. L’onction des malades (JA).

La grâce première de ce sacrement est une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d’angoisse de la mort.

Sources :

Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) ; http://www.dominique-le-tourneau.fr/-Sacrements- ; http://grand-catechisme-saint-pie-x.blogspot.com/2009/04/iv-7.html.


Depuis 1992, l’Eglise célèbre tous les 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, la journée mondiale des malades et, le dimanche le plus proche de cette date, en 2019 aujourd’hui, elle célèbre également le dimanche de la santé. Il est donc particulièrement approprié aujourd’hui de s’intéresser au sacrement de l’onction de malades, en s’inspirant principalement du Catéchisme de l’Eglise Catholique.

Un sacrement pour les malades, sa nature.

L’Eglise croit et confesse qu’il existe, parmi les sept sacrements, un sacrement spécialement destiné à réconforter ceux qui sont éprouvés par la maladie : l’onction des malades, il s’agit d’un sacrement institué pour le soulagement spirituel et même corporel des malades en danger de mort (CEC 1511).
La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves qui éprouvent la vie humaine. Dans la maladie, l’homme fait l’expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude . La maladie peut conduire à l’angoisse, au repliement sur soi, parfois même au désespoir et à la révolte contre Dieu. Elle peut aussi rendre la personne plus mûre, l’aider à discerner dans sa vie ce qui n’est pas essentiel pour se tourner vers ce qui l’est. Très souvent, la maladie provoque une recherche de Dieu, un retour à Lui (CEC n° 1500-1501).

Jésus enseigne clairement que la maladie est une dépendance du diable (cf.Luc 13, 16). Ce n’est pas une conséquence des péchés personnels, mais un signe de la présence et de la domination du mal dans un monde qui, depuis la faute d’Adam et Eve, est marqué par le péché. Toutefois, déjà sous l’Ancienne Alliance , l’Ancien Testament, des gens vivent la maladie face à face avec Dieu : ils implorent leur guérison (cf. Psaume 6, 3 ; Isaïe 38) ; la maladie devient un chemin de conversion (cf. Ps 38, 5 ; 39, 9-12). Dans certains passages, on voit que la souffrance peut avoir aussi un sens rédempteur pour les péchés des autres (cf. Is 53, 11).

Par sa passion et sa mort sur la Croix, le Christ a donné un sens nouveau à la souffrance : elle peut désormais nous configurer à Lui et nous unir à sa passion rédemptrice (CEC n° 1505). En même temps que le Seigneur nous a enseigné le sens positif de la douleur pour réaliser la rédemption, il a voulu guérir une multitude de malades, en manifestant son pouvoir sur la douleur et la maladie, et surtout son pouvoir de pardonner les péchés (cf. Mat 9, 2-7). Il est venu guérir l’homme tout entier, âme et corps ; Il est le médecin dont les malades ont besoin (cf. Marc 2, 17). Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu’il s’identifie avec eux : « J’ai été malade et vous m’avez visité » (Mat 25, 36). Après la Résurrection, il envoie les apôtres : « Par mon nom, ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris » (Marc 16, 17-18). Et déjà dans l’Evangile après le premier envoi en mission on peut lire : « Ils s’en allèrent prêcher que l’on se repentît ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient » (Marc 6, 12-13).

Cette onction sainte des malades a été instituée par le Christ notre Seigneur comme un sacrement du Nouveau Testament, véritablement et proprement dit, insinué par saint Marc (cf. Mc 6, 13), mais recommandé aux fidèles et promulgué par saint Jacques, apôtre et frère du Seigneur (cf. Jc 5, 14-15) (Cc. Trente : DS 1695).

Qui reçoit et qui administre ce sacrement ?

L’onction des malades n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour la recevoir est-il certainement déjà arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort à cause de la maladie par suite d’affaiblissement physique ou de vieillesse (CEC 1514).

Si un malade qui a reçu l’onction recouvre la santé, il peut, en cas de nouvelle maladie grave, recevoir de nouveau ce sacrement. Au cours de la même maladie, ce sacrement peut être réitéré si la maladie s’aggrave. Il est approprié de recevoir l’onction des malades au seuil d’une opération importante. Il en va de même pour les personnes âgées dont la fragilité s’accentue (CEC 1515).

Seuls les prêtres (évêques et presbytres) sont les ministres de l’onction des malades. C’est le devoir des pasteurs d’instruire les fidèles des bienfaits de ce sacrement. Que les fidèles encouragent les malades à faire appel au prêtre pour recevoir ce sacrement. Que les malades se préparent pour le recevoir dans les bonnes dispositions, avec l’aide de leur pasteur et de toute la communauté ecclésiale qui est invitée à entourer tout spécialement les malades de ses prières et de ses attentions fraternelles (CEC 1516).

Pour recevoir avec profit ce sacrement il faut que le malade soit en état de grâce. D’ordinaire, il doit recevoir d’abord le sacrement de la pénitence. Le rituel du sacrement pour les malades conseille que la confession ait lieu avant la célébration de l’onction ou au début de celle-ci, car la confession est en elle-même plus nécessaire que l’onction si le malade est en état de péché mortel. Cela fait partie des bonnes dispositions requises. Bien que l’on puisse administrer l’onction des malades à une personne inconsciente, il faut faire en sorte que le malade la reçoive en étant conscient, pour qu’il puisse mieux se préparer à recevoir la grâce du sacrement.

Même si l’onction des malades n’est pas nécessaire d’une nécessité de moyen pour le salut, il ne faut pas la rejeter volontairement, s’il est possible de la recevoir, car cela reviendrait à refuser une aide d’une grande efficacité pour le salut. Priver un malade de cette aide pourrait même constituer un péché grave. En effet, pour un chrétien la maladie et la mort peuvent et doivent être des moyens pour se sanctifier et pour racheter avec le Christ.

L’onction des malades aide à vivre ces réalités douloureuses de la vie humaine avec un sens chrétien.

La matière et la forme de l’onction des malades.

Le sacrement de l’onction des malades est conféré aux personnes dangereusement malades en les oignant sur le front et sur les mains avec de l’huile dûment bénie en disant une seule fois : « Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’Il vous sauve et vous relève » (CEC 1513).

Cette formule est la forme du sacrement. La matière lointaine de ce sacrement est l’huile bénite pour cette fin selon le rite prescrit par l’Eglise ; la matière proche est l’onction faite sur le front et sur les mains du malade.

Comment est célébré ce sacrement ?

Comme tous les sacrements, l’onction des malades est une célébration liturgique et communautaire, qu’elle ait lieu en famille, à l’hôpital ou à l’Église, pour un seul malade ou pour tout un groupe d’infirmes (CEC 1517).

La célébration du sacrement comprend principalement les éléments suivants :  » les prêtres de l’Église  » (Jc 5, 14) imposent, en silence, les mains aux malades ; ils prient sur les malades dans la foi de l’Église (cf. Jc 5, 15) : c’est l’épiclèse propre de ce sacrement ; ils donnent alors l’onction avec l’huile bénite, si possible, par l’évêque (CEC 1519).

Les effets de la célébration et de la réception de ce sacrement.

Le sacrement de l’onction produit les effets suivants :

Il augmente la grâce sanctifiante.

Il efface les péchés véniels et même les péchés mortels que le malade repentant ne pourrait plus confesser.

Il enlève cette faiblesse et cette langueur pour le bien qui restent même après avoir obtenu le pardon des péchés.

Il donne la force de supporter le mal avec patience, de résister aux tentations et de mourir saintement.

il aide à recouvrer la santé du corps, si c’est utile au salut de l’âme.

La grâce première de ce sacrement est une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d’angoisse de la mort (cf. He 2, 15). Cette assistance du Seigneur par la force de son Esprit veut conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu. En outre, «s’il a commis des péchés, ils lui seront remis » (Jc 5, 15) (CEC 1520).

L’union à la Passion du Christ.

Par la grâce de ce sacrement, le malade reçoit la force et le don de s’unir plus intimement à la Passion du Christ : il est d’une certaine façon consacré pour porter du fruit par la configuration à la Passion rédemptrice du Sauveur. La souffrance, séquelle du péché originel, reçoit un sens nouveau: elle devient participation à l’œuvre salvifique de Jésus (CEC 1521).

Une grâce ecclésiale.

Les malades qui reçoivent ce sacrement, en s’associant librement à la Passion et à la mort du Christ , apportent leur part pour le bien du peuple de Dieu. En célébrant ce sacrement, l’Eglise, dans la communion des saints, intercède pour le bien du malade. Et le malade, à son tour, par la grâce de ce sacrement, contribue à la sanctification de l’Eglise et au bien de tous les hommes pour lesquels l’Eglise souffre et s’offre, par le Christ, à Dieu le Père (CEC 1522).

Une préparation au dernier passage.

Si le sacrement de l’onction des malades est accordé à tous ceux qui souffrent de maladies et d’infirmités graves, il l’est à plus forte raison à ceux qui sont sur le point de sortir de cette vie de sorte qu’on l’a aussi appelé sacramentum exeuntium . L’onction des malades achève de nous conformer à la mort et à la résurrection du Christ, comme le baptême avait commencé de le faire. Elle parachève les onctions saintes qui jalonnent toute la vie chrétienne ; celle du baptême avait scellé en nous la vie nouvelle ; celle de la confirmation nous avait fortifié pour le combat de cette vie. Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre comme d’un solide rempart en vue des dernières luttes avant l’entrée dans la Maison du Père (CEC 1523).

Nous recommandons spécialement aujourd’hui tous nos malades à la protection de notre Mère, la Vierge Marie. Qu’Elle bénisse aussi tous ceux qui se dévouent au service de ces personnes.

Ainsi soit-il.

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