Année 2025-Homélie pour le 4ème dimanche de Carême (JGA).

saint ignace de loyola 600 370

Les deux étendards. 
Dans notre chemin de Carême, cette méditation nous aidera à prendre conscience de la radicalité de cette lutte: soit avec Dieu, soit contre Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres. Ces deux bannières sont irréconciliables, totalement opposées, comme la lumière et les ténèbres. C’est pourquoi Jésus dira : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

 

___________________________________________________________

L’étendard de Lucifer.

« Le premier point est d’imaginer le Chef de tous les ennemis comme si, dans ce vaste camp de Babylone, il était assis dans une grande chaire de feu et de fumée, d’un aspect horrible et terrifiant.
Le deuxième point. Considérer comment il fait appel à d’innombrables démons et comme il les répand, les uns dans telle ville, les autres dans telle autre et ainsi dans le monde entier, sans omettre ni province, ni lieu, ni état, ni aucune personne en particulier.
Le troisième point. Considérer le discours qu’il leur adresse et comment il leur enjoint de lancer filets et chaînes; qu’ils doivent d’abord tenter par la convoitise des richesses comme cela arrive le plus souvent, pour que les hommes en viennent plus facilement à l’honneur vain du monde et, ensuite, à un immense orgueil. De sorte que le premier échelon soit celui des richesses, le deuxième celui de l’honneur, le troisième celui de l’orgueil et à partir de ces trois échelons, il entraîne à tous les autres vices ».

L’étendard du Christ.
«Ainsi, mais à l’inverse, il faut s’imaginer le Souverain et Vrai Capitaine, qui est le Christ notre Seigneur.
Le premier point est de considérer comment le Christ notre Seigneur se tient dans un vaste camp de la région de Jérusalem, en un lieu humble, beau et gracieux.
Le deuxième point. Considérer comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, apôtres, disciples, etc …et les envoie dans le monde entier répandre sa sainte doctrine parmi les hommes de tout état et de toute condition.
Le troisième point. Considérer le discours que le Christ notre Seigneur adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition, leur recommandant de vouloir aider tous les hommes en les amenant premièrement à la plus grande pauvreté spirituelle, et non moins, si sa divine Majesté devait en être servie et voulait bien les y choisir, à la pauvreté effective; deuxièmement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses résulte l’humilité. De sorte qu’il y ait trois échelons: Le premier, la pauvreté à l’opposé de la richesse ; le deuxième, l’opprobre ou le mépris à l’opposé de l’honneur mondain ; le troisième, l’humilité à l’opposé de l’orgueil. Et à partir de ces trois échelons, qu’ils les entraînent à toutes les autres vertus».
(Saint Ignace: Exercices Spirituels).

Dans notre chemin de Carême, cette méditation nous aidera à prendre conscience de la radicalité de cette lutte: soit avec Dieu, soit contre Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres. Ces deux bannières sont irréconciliables, totalement opposées, comme la lumière et les ténèbres. C’est pourquoi Jésus dira : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

Qu’il y ait deux drapeaux est un fait évident depuis que le premier cri de défiance contre Dieu a été lancé : « Non serviam ! Dieu crie aussi du haut du ciel à ceux qui vivent dans l’iniquité: pourquoi les nations se révoltent-elles et les peuples méditent-ils le malheur? Celui qui habite dans les cieux sourit, le Seigneur se moque d’eux» (Ps 2)
Deux drapeaux, deux armées. Nous le voyons au chapitre 3 de la Genèse (3, 15): « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité » ; l’inimitié qui n’est pas comme celle des hommes, qui s’achète ou se vend selon la convenance, est une inimitié scellée par la Parole de Dieu.
La neutralité n’existe pas: par nos paroles, nos pensées et nos actions, nous appartenons à l’une ou l’autre armée. Il faut se battre! La lutte est en nous d’une certaine manière, à cause du péché originel. Une bataille est la vie de l’homme sur terre.

L’armée du diable est appelée «Babylone», ce qui signifie étymologiquement «confusion», car le mensonge, la fraude et la tromperie règnent. Elle est composée de tous ceux qui ne servent pas Dieu sans exception parce que les hommes sont soit avec le Christ, soit contre le Christ. Ses membres ne s’intéressent qu’à ce monde. Ils voudraient construire un paradis terrestre. Sa caractéristique est l’égoïsme. Sa tête est Satan. « Jeter des filets et des chaînes » : il commence par peu, pour me conduire à des péchés plus grands.  C’est toujours ainsi, car le péché asservit, il conduit toujours à davantage. C’est pourquoi Il leur dit de commencer par la richesse (l’attachement à elle), puis par le vain honneur du monde (la renommée, la réputation, ce que les gens diront, etc.) et enfin par l’orgueil (le péché de Satan, de nos premiers parents, le péché de se détourner totalement de Dieu). Enfin, à tous les vices: « déchu de Dieu, tu tomberas de toi-même». «Il y a une conspiration contre le Mal, non pas pour le détruire, ah! non! – pour le déguiser, simplement. Si nous avons tant de répugnance à croire au diable – enfin, à l’esprit du Mal – c’est que nous n’osons pas croire que le Mal ait un esprit, une volonté, un dessein. Non! Nous ne voulons pas imaginer que cet animal pervers et charmant, dont la discipline sociale a fait presque une bête familière, si facile à entretenir à peu de frais, pour notre agrément, médite de tout dévorer, est réellement non moins insatiable que la douleur, et ne le cède pour l’avidité, qu’à la mort» (Georges Bernanos, Le crépuscule des vieux).
«Apprenez aujourd’hui que, pour triompher de vos ennemis avec plus de promptitude et de facilité, il est éminemment utile, nécessaire même, que vous déclariez une guerre continuelle à vos vices et tout spécialement à l’amour propre, et que vous vous accoutumiez à aimer, comme vos plus chers délices, les mépris et les outrages que le monde vous prodiguera. Si les victoires sont difficiles, rares, incomplètes et peu durables, il faut, ainsi que je l’ai insinué déjà, en attribuer la cause au peu de soin que l’on apporte à se préparer à ce combat et au peu d’estime qu’on en fait» (Père Laurent Scupoli, Le combat spirituel).

La Cité de Dieu, l’armée du Christ: c’est l’ensemble de tous les hommes et de tous les anges qui sont définitivement unis à Dieu ou qui marchent encore vers Lui. C’est une ville construite sur le fondement de la charité. Le Chef et le Roi est le Christ, qui conduit ses membres avec douceur, librement, sans contrainte ni peur. Pauvreté spirituelle et actuelle totale. Celui qui n’est attaché à rien est celui qui peut bien servir le Christ. L’attachement à l’argent a poussé Judas à pécher et a frustré la vocation du jeune homme riche. Reproches et mépris: Tous les saints les désiraient, comme un moyen sûr d’atteindre la perfection. L’humilité, et avec elle toutes les vertus. La véritable humilité. Saint François a jeûné pendant 39 jours pour ne pas ressembler au Maître. Avant tout, la charité. L’ennemi est vaincu lorsque nous pratiquons la charité. Le mal doit être vaincu par le bien. C’est pourquoi dans son sermon il dit : «Qu’ils veuillent aider tout le monde». Saint Augustin dit que « rien n’est si dur qu’il ne cède au feu de l’amour ». Et Don Orione : «La charité sauvera le monde». «Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous-mêmes, de la grâce de Dieu et de notre volonté d’être saints. Il nous faut prendre l’engagement vital d’atteindre la sainteté. “Je veux être un saint” signifie: Je veux me détacher de tout ce qui n’est pas Dieu, je veux dépouiller mon cœur de toutes choses créées, je veux vivre dans la pauvreté et dans le détachement, je veux renoncer à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes goûts et me faire l’esclave docile de la volonté de Dieu» (Mère Térésa).

Nous savons que la victoire est nôtre, mais cela ne signifie pas que nous devons rester les bras croisés sans nous battre. La victoire sera certainement celle du Christ, mais si nous ne combattons pas, nous ne partagerons ni la victoire ni la gloire. Nous devons être des saints!
Il nous faut prendre conscience de la réalité de ce combat dans lequel nous sommes engagés. Padre Pio disait: « L’âme est un grand champ de bataille, où Dieu et Satan ne cessent de se combattre. Nous devons ouvrir grand les portes de notre âme au Seigneur, la lui abandonner entièrement, la fortifier de toutes sortes d’armes, l’illuminer de sa lumière pour combattre les ténèbres de l’erreur, la revêtir de Jésus, de sa vérité et de sa justice, du bouclier de la foi, de la Parole de Dieu. Ce n’est qu’ainsi que nous triompherons de l’ennemi. Pour nous revêtir de Jésus, il est nécessaire de nous dépouiller de nous-mêmes. Ne nous laissons pas effrayer par la lutte contre l’ennemi. Plus nous sommes unis à Dieu, plus notre adversaire est intimidé. Courage donc ».

Publié le 31 mars 2025

Année 2025-Homélie pour le 4ème dimanche de Carême (JGA).

Les deux étendards. 
Dans notre chemin de Carême, cette méditation nous aidera à prendre conscience de la radicalité de cette lutte: soit avec Dieu, soit contre Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres. Ces deux bannières sont irréconciliables, totalement opposées, comme la lumière et les ténèbres. C’est pourquoi Jésus dira : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

 

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L’étendard de Lucifer.

« Le premier point est d’imaginer le Chef de tous les ennemis comme si, dans ce vaste camp de Babylone, il était assis dans une grande chaire de feu et de fumée, d’un aspect horrible et terrifiant.
Le deuxième point. Considérer comment il fait appel à d’innombrables démons et comme il les répand, les uns dans telle ville, les autres dans telle autre et ainsi dans le monde entier, sans omettre ni province, ni lieu, ni état, ni aucune personne en particulier.
Le troisième point. Considérer le discours qu’il leur adresse et comment il leur enjoint de lancer filets et chaînes; qu’ils doivent d’abord tenter par la convoitise des richesses comme cela arrive le plus souvent, pour que les hommes en viennent plus facilement à l’honneur vain du monde et, ensuite, à un immense orgueil. De sorte que le premier échelon soit celui des richesses, le deuxième celui de l’honneur, le troisième celui de l’orgueil et à partir de ces trois échelons, il entraîne à tous les autres vices ».

L’étendard du Christ.
«Ainsi, mais à l’inverse, il faut s’imaginer le Souverain et Vrai Capitaine, qui est le Christ notre Seigneur.
Le premier point est de considérer comment le Christ notre Seigneur se tient dans un vaste camp de la région de Jérusalem, en un lieu humble, beau et gracieux.
Le deuxième point. Considérer comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, apôtres, disciples, etc …et les envoie dans le monde entier répandre sa sainte doctrine parmi les hommes de tout état et de toute condition.
Le troisième point. Considérer le discours que le Christ notre Seigneur adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition, leur recommandant de vouloir aider tous les hommes en les amenant premièrement à la plus grande pauvreté spirituelle, et non moins, si sa divine Majesté devait en être servie et voulait bien les y choisir, à la pauvreté effective; deuxièmement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses résulte l’humilité. De sorte qu’il y ait trois échelons: Le premier, la pauvreté à l’opposé de la richesse ; le deuxième, l’opprobre ou le mépris à l’opposé de l’honneur mondain ; le troisième, l’humilité à l’opposé de l’orgueil. Et à partir de ces trois échelons, qu’ils les entraînent à toutes les autres vertus».
(Saint Ignace: Exercices Spirituels).

Dans notre chemin de Carême, cette méditation nous aidera à prendre conscience de la radicalité de cette lutte: soit avec Dieu, soit contre Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres. Ces deux bannières sont irréconciliables, totalement opposées, comme la lumière et les ténèbres. C’est pourquoi Jésus dira : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

Qu’il y ait deux drapeaux est un fait évident depuis que le premier cri de défiance contre Dieu a été lancé : « Non serviam ! Dieu crie aussi du haut du ciel à ceux qui vivent dans l’iniquité: pourquoi les nations se révoltent-elles et les peuples méditent-ils le malheur? Celui qui habite dans les cieux sourit, le Seigneur se moque d’eux» (Ps 2)
Deux drapeaux, deux armées. Nous le voyons au chapitre 3 de la Genèse (3, 15): « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité » ; l’inimitié qui n’est pas comme celle des hommes, qui s’achète ou se vend selon la convenance, est une inimitié scellée par la Parole de Dieu.
La neutralité n’existe pas: par nos paroles, nos pensées et nos actions, nous appartenons à l’une ou l’autre armée. Il faut se battre! La lutte est en nous d’une certaine manière, à cause du péché originel. Une bataille est la vie de l’homme sur terre.

L’armée du diable est appelée «Babylone», ce qui signifie étymologiquement «confusion», car le mensonge, la fraude et la tromperie règnent. Elle est composée de tous ceux qui ne servent pas Dieu sans exception parce que les hommes sont soit avec le Christ, soit contre le Christ. Ses membres ne s’intéressent qu’à ce monde. Ils voudraient construire un paradis terrestre. Sa caractéristique est l’égoïsme. Sa tête est Satan. « Jeter des filets et des chaînes » : il commence par peu, pour me conduire à des péchés plus grands.  C’est toujours ainsi, car le péché asservit, il conduit toujours à davantage. C’est pourquoi Il leur dit de commencer par la richesse (l’attachement à elle), puis par le vain honneur du monde (la renommée, la réputation, ce que les gens diront, etc.) et enfin par l’orgueil (le péché de Satan, de nos premiers parents, le péché de se détourner totalement de Dieu). Enfin, à tous les vices: « déchu de Dieu, tu tomberas de toi-même». «Il y a une conspiration contre le Mal, non pas pour le détruire, ah! non! – pour le déguiser, simplement. Si nous avons tant de répugnance à croire au diable – enfin, à l’esprit du Mal – c’est que nous n’osons pas croire que le Mal ait un esprit, une volonté, un dessein. Non! Nous ne voulons pas imaginer que cet animal pervers et charmant, dont la discipline sociale a fait presque une bête familière, si facile à entretenir à peu de frais, pour notre agrément, médite de tout dévorer, est réellement non moins insatiable que la douleur, et ne le cède pour l’avidité, qu’à la mort» (Georges Bernanos, Le crépuscule des vieux).
«Apprenez aujourd’hui que, pour triompher de vos ennemis avec plus de promptitude et de facilité, il est éminemment utile, nécessaire même, que vous déclariez une guerre continuelle à vos vices et tout spécialement à l’amour propre, et que vous vous accoutumiez à aimer, comme vos plus chers délices, les mépris et les outrages que le monde vous prodiguera. Si les victoires sont difficiles, rares, incomplètes et peu durables, il faut, ainsi que je l’ai insinué déjà, en attribuer la cause au peu de soin que l’on apporte à se préparer à ce combat et au peu d’estime qu’on en fait» (Père Laurent Scupoli, Le combat spirituel).

La Cité de Dieu, l’armée du Christ: c’est l’ensemble de tous les hommes et de tous les anges qui sont définitivement unis à Dieu ou qui marchent encore vers Lui. C’est une ville construite sur le fondement de la charité. Le Chef et le Roi est le Christ, qui conduit ses membres avec douceur, librement, sans contrainte ni peur. Pauvreté spirituelle et actuelle totale. Celui qui n’est attaché à rien est celui qui peut bien servir le Christ. L’attachement à l’argent a poussé Judas à pécher et a frustré la vocation du jeune homme riche. Reproches et mépris: Tous les saints les désiraient, comme un moyen sûr d’atteindre la perfection. L’humilité, et avec elle toutes les vertus. La véritable humilité. Saint François a jeûné pendant 39 jours pour ne pas ressembler au Maître. Avant tout, la charité. L’ennemi est vaincu lorsque nous pratiquons la charité. Le mal doit être vaincu par le bien. C’est pourquoi dans son sermon il dit : «Qu’ils veuillent aider tout le monde». Saint Augustin dit que « rien n’est si dur qu’il ne cède au feu de l’amour ». Et Don Orione : «La charité sauvera le monde». «Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous-mêmes, de la grâce de Dieu et de notre volonté d’être saints. Il nous faut prendre l’engagement vital d’atteindre la sainteté. “Je veux être un saint” signifie: Je veux me détacher de tout ce qui n’est pas Dieu, je veux dépouiller mon cœur de toutes choses créées, je veux vivre dans la pauvreté et dans le détachement, je veux renoncer à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes goûts et me faire l’esclave docile de la volonté de Dieu» (Mère Térésa).

Nous savons que la victoire est nôtre, mais cela ne signifie pas que nous devons rester les bras croisés sans nous battre. La victoire sera certainement celle du Christ, mais si nous ne combattons pas, nous ne partagerons ni la victoire ni la gloire. Nous devons être des saints!
Il nous faut prendre conscience de la réalité de ce combat dans lequel nous sommes engagés. Padre Pio disait: « L’âme est un grand champ de bataille, où Dieu et Satan ne cessent de se combattre. Nous devons ouvrir grand les portes de notre âme au Seigneur, la lui abandonner entièrement, la fortifier de toutes sortes d’armes, l’illuminer de sa lumière pour combattre les ténèbres de l’erreur, la revêtir de Jésus, de sa vérité et de sa justice, du bouclier de la foi, de la Parole de Dieu. Ce n’est qu’ainsi que nous triompherons de l’ennemi. Pour nous revêtir de Jésus, il est nécessaire de nous dépouiller de nous-mêmes. Ne nous laissons pas effrayer par la lutte contre l’ennemi. Plus nous sommes unis à Dieu, plus notre adversaire est intimidé. Courage donc ».

Publié le 31 mars 2025

Année 2025-Homélie pour le 4ème dimanche de Carême (JGA).

saint ignace de loyola 600 370

Les deux étendards. 
Dans notre chemin de Carême, cette méditation nous aidera à prendre conscience de la radicalité de cette lutte: soit avec Dieu, soit contre Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres. Ces deux bannières sont irréconciliables, totalement opposées, comme la lumière et les ténèbres. C’est pourquoi Jésus dira : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

 

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L’étendard de Lucifer.

« Le premier point est d’imaginer le Chef de tous les ennemis comme si, dans ce vaste camp de Babylone, il était assis dans une grande chaire de feu et de fumée, d’un aspect horrible et terrifiant.
Le deuxième point. Considérer comment il fait appel à d’innombrables démons et comme il les répand, les uns dans telle ville, les autres dans telle autre et ainsi dans le monde entier, sans omettre ni province, ni lieu, ni état, ni aucune personne en particulier.
Le troisième point. Considérer le discours qu’il leur adresse et comment il leur enjoint de lancer filets et chaînes; qu’ils doivent d’abord tenter par la convoitise des richesses comme cela arrive le plus souvent, pour que les hommes en viennent plus facilement à l’honneur vain du monde et, ensuite, à un immense orgueil. De sorte que le premier échelon soit celui des richesses, le deuxième celui de l’honneur, le troisième celui de l’orgueil et à partir de ces trois échelons, il entraîne à tous les autres vices ».

L’étendard du Christ.
«Ainsi, mais à l’inverse, il faut s’imaginer le Souverain et Vrai Capitaine, qui est le Christ notre Seigneur.
Le premier point est de considérer comment le Christ notre Seigneur se tient dans un vaste camp de la région de Jérusalem, en un lieu humble, beau et gracieux.
Le deuxième point. Considérer comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, apôtres, disciples, etc …et les envoie dans le monde entier répandre sa sainte doctrine parmi les hommes de tout état et de toute condition.
Le troisième point. Considérer le discours que le Christ notre Seigneur adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition, leur recommandant de vouloir aider tous les hommes en les amenant premièrement à la plus grande pauvreté spirituelle, et non moins, si sa divine Majesté devait en être servie et voulait bien les y choisir, à la pauvreté effective; deuxièmement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses résulte l’humilité. De sorte qu’il y ait trois échelons: Le premier, la pauvreté à l’opposé de la richesse ; le deuxième, l’opprobre ou le mépris à l’opposé de l’honneur mondain ; le troisième, l’humilité à l’opposé de l’orgueil. Et à partir de ces trois échelons, qu’ils les entraînent à toutes les autres vertus».
(Saint Ignace: Exercices Spirituels).

Dans notre chemin de Carême, cette méditation nous aidera à prendre conscience de la radicalité de cette lutte: soit avec Dieu, soit contre Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres. Ces deux bannières sont irréconciliables, totalement opposées, comme la lumière et les ténèbres. C’est pourquoi Jésus dira : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

Qu’il y ait deux drapeaux est un fait évident depuis que le premier cri de défiance contre Dieu a été lancé : « Non serviam ! Dieu crie aussi du haut du ciel à ceux qui vivent dans l’iniquité: pourquoi les nations se révoltent-elles et les peuples méditent-ils le malheur? Celui qui habite dans les cieux sourit, le Seigneur se moque d’eux» (Ps 2)
Deux drapeaux, deux armées. Nous le voyons au chapitre 3 de la Genèse (3, 15): « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité » ; l’inimitié qui n’est pas comme celle des hommes, qui s’achète ou se vend selon la convenance, est une inimitié scellée par la Parole de Dieu.
La neutralité n’existe pas: par nos paroles, nos pensées et nos actions, nous appartenons à l’une ou l’autre armée. Il faut se battre! La lutte est en nous d’une certaine manière, à cause du péché originel. Une bataille est la vie de l’homme sur terre.

L’armée du diable est appelée «Babylone», ce qui signifie étymologiquement «confusion», car le mensonge, la fraude et la tromperie règnent. Elle est composée de tous ceux qui ne servent pas Dieu sans exception parce que les hommes sont soit avec le Christ, soit contre le Christ. Ses membres ne s’intéressent qu’à ce monde. Ils voudraient construire un paradis terrestre. Sa caractéristique est l’égoïsme. Sa tête est Satan. « Jeter des filets et des chaînes » : il commence par peu, pour me conduire à des péchés plus grands.  C’est toujours ainsi, car le péché asservit, il conduit toujours à davantage. C’est pourquoi Il leur dit de commencer par la richesse (l’attachement à elle), puis par le vain honneur du monde (la renommée, la réputation, ce que les gens diront, etc.) et enfin par l’orgueil (le péché de Satan, de nos premiers parents, le péché de se détourner totalement de Dieu). Enfin, à tous les vices: « déchu de Dieu, tu tomberas de toi-même». «Il y a une conspiration contre le Mal, non pas pour le détruire, ah! non! – pour le déguiser, simplement. Si nous avons tant de répugnance à croire au diable – enfin, à l’esprit du Mal – c’est que nous n’osons pas croire que le Mal ait un esprit, une volonté, un dessein. Non! Nous ne voulons pas imaginer que cet animal pervers et charmant, dont la discipline sociale a fait presque une bête familière, si facile à entretenir à peu de frais, pour notre agrément, médite de tout dévorer, est réellement non moins insatiable que la douleur, et ne le cède pour l’avidité, qu’à la mort» (Georges Bernanos, Le crépuscule des vieux).
«Apprenez aujourd’hui que, pour triompher de vos ennemis avec plus de promptitude et de facilité, il est éminemment utile, nécessaire même, que vous déclariez une guerre continuelle à vos vices et tout spécialement à l’amour propre, et que vous vous accoutumiez à aimer, comme vos plus chers délices, les mépris et les outrages que le monde vous prodiguera. Si les victoires sont difficiles, rares, incomplètes et peu durables, il faut, ainsi que je l’ai insinué déjà, en attribuer la cause au peu de soin que l’on apporte à se préparer à ce combat et au peu d’estime qu’on en fait» (Père Laurent Scupoli, Le combat spirituel).

La Cité de Dieu, l’armée du Christ: c’est l’ensemble de tous les hommes et de tous les anges qui sont définitivement unis à Dieu ou qui marchent encore vers Lui. C’est une ville construite sur le fondement de la charité. Le Chef et le Roi est le Christ, qui conduit ses membres avec douceur, librement, sans contrainte ni peur. Pauvreté spirituelle et actuelle totale. Celui qui n’est attaché à rien est celui qui peut bien servir le Christ. L’attachement à l’argent a poussé Judas à pécher et a frustré la vocation du jeune homme riche. Reproches et mépris: Tous les saints les désiraient, comme un moyen sûr d’atteindre la perfection. L’humilité, et avec elle toutes les vertus. La véritable humilité. Saint François a jeûné pendant 39 jours pour ne pas ressembler au Maître. Avant tout, la charité. L’ennemi est vaincu lorsque nous pratiquons la charité. Le mal doit être vaincu par le bien. C’est pourquoi dans son sermon il dit : «Qu’ils veuillent aider tout le monde». Saint Augustin dit que « rien n’est si dur qu’il ne cède au feu de l’amour ». Et Don Orione : «La charité sauvera le monde». «Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous-mêmes, de la grâce de Dieu et de notre volonté d’être saints. Il nous faut prendre l’engagement vital d’atteindre la sainteté. “Je veux être un saint” signifie: Je veux me détacher de tout ce qui n’est pas Dieu, je veux dépouiller mon cœur de toutes choses créées, je veux vivre dans la pauvreté et dans le détachement, je veux renoncer à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes goûts et me faire l’esclave docile de la volonté de Dieu» (Mère Térésa).

Nous savons que la victoire est nôtre, mais cela ne signifie pas que nous devons rester les bras croisés sans nous battre. La victoire sera certainement celle du Christ, mais si nous ne combattons pas, nous ne partagerons ni la victoire ni la gloire. Nous devons être des saints!
Il nous faut prendre conscience de la réalité de ce combat dans lequel nous sommes engagés. Padre Pio disait: « L’âme est un grand champ de bataille, où Dieu et Satan ne cessent de se combattre. Nous devons ouvrir grand les portes de notre âme au Seigneur, la lui abandonner entièrement, la fortifier de toutes sortes d’armes, l’illuminer de sa lumière pour combattre les ténèbres de l’erreur, la revêtir de Jésus, de sa vérité et de sa justice, du bouclier de la foi, de la Parole de Dieu. Ce n’est qu’ainsi que nous triompherons de l’ennemi. Pour nous revêtir de Jésus, il est nécessaire de nous dépouiller de nous-mêmes. Ne nous laissons pas effrayer par la lutte contre l’ennemi. Plus nous sommes unis à Dieu, plus notre adversaire est intimidé. Courage donc ».

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Publié le 31 mars 2025