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Année 2023-Homélie pour le 3ème dimanche après l’Epiphanie (JGA).

La foi et la guérison.

Le manque de foi, voilà ce qui attriste Jésus, voilà le reproche de Jésus. L’intensité de la foi, voilà ce qui réjouit Jésus, voilà l’admiration de Jésus. Au fond l’attitude du centurion c’est pour nous.

 


Dans l’Evangile du jour, il est bien question de maladies et pas de n’importe lesquelles :
Un lépreux. La lèpre, maladie mortelle à l’époque et contagieuse également. Et de plus, signe de malédiction et d’impureté pour celui qui l’a et ceux qui l’approchent. Donc gestes barrières, distanciation sociale, isolement de 7 jours, examen par le prêtre, etc. (Lévitique 14)!
Un serviteur paralysé dans la douleur. Et le centurion est un païen!

Mais il est aussi question de guérisons, de miracle.
Les actes et les paroles de Jésus sauvent. Et pas seulement vers l’an 30, mais aujourd’hui encore. Comment? De bien des manières, mais surtout par les sacrements; ce sont des signes sensibles institués par Jésus Christ. Ils produisent et augmentent la grâce dans les âmes. En eux, c’est toujours le même Christ qui agit. Il se penche sur nos lèpres et nos paralysies spirituelles. Nous sommes «connectés» à son Humanité Sainte, pleine de grâces et de vérité. Cet Evangile montre la proximité du Christ, la puissance du Christ perpétuée dans les sacrements. Il y a, selon le temps et l’espace, une distance entre le Christ et nous. Comme entre le Christ et le serviteur malade. Par la foi et les sacrements, médiations de la foi, le Christ franchit la distance, il rejoint les âmes, nos âmes. Il y a un signe sensible, à voir, toucher, entendre: eau versée sur le baptisé, accusation des fautes, pain et vin de la messe, imposition et onction du Saint Chrême. Il y a les paroles déterminées par le Christ Lui-même, prononcées par le ministre in persona Christi, en la Personne du Christ : «Je te baptise au

Nom du Père, du Fils, du Saint Esprit; Je te pardonne tous tes péchés; Je te marque du signe de la croix et te confirme avec le chrême du salut; Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang». L’effet, la vertu, l’efficacité est surnaturelle. Il y a un toucher, un contact spirituel de l’Humanité de Jésus avec nos âmes.
Vous saviez cela. Mais le croyez-vous? J’oserais dire; le croyez-vous bien, d’une foi vive? Où en est la régularité et la qualité de votre vie sacramentelle ? Votre préparation sérieuse avant, votre reconnaissance et votre prolongation des effets après? Point de contrôle à faire régulièrement. Nous avons un Seigneur qui vient pour donner la vie de la grâce en abondance. Mais nous courons le risque de végéter, de vivoter, voire de mourir spirituellement. Parce qu’on peut mourir de soif à côté d’une oasis, faute de s’y rendre et de puiser.

Il est enfin question de foi et d’admiration.
Foi du lépreux: Seigneur, si tu veux, tu peux me guérir. Vous entendez la foi de cet homme? Vouloir guérir, ou être guéri, retrouver la vie et la santé; tous les soignants et les patients savent que ça compte. Mais ils savent aussi que cela ne suffit pas!
Foi plus grande encore du centurion. «Seigneur, entrer sous mon toit, non … Mais dites seulement une parole… Seigneur, une visite, un contact, non… Mais la puissance de votre parole suffit, même à distance». L’admiration de Jésus n’est pas exagérée. «Une foi pareille… C’est du jamais vu!»
Plus tard, Jésus reprochera aux apôtres leur hésitation dans la foi. «Thomas, ne sois plus incrédule mais croyant… Cœurs lents à croire… cœurs durs» (Jean XX, 27- Luc XXIV, 25 – Marc XVI, 14).
Le manque de foi, voilà ce qui attriste Jésus, voilà le reproche de Jésus. L’intensité de la foi, voilà ce qui réjouit Jésus, voilà l’admiration de Jésus. Au fond l’attitude du centurion c’est pour nous.
«Celui qui n’a pas vu le Fils de Dieu tout rayonnant de gloire, il est heureux si quand même il a cru», disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Même à distance, ô Christ, Vous pouvez me sauver, me purifier, me sanctifier. Surnaturellement. Notamment par vos sacrements.
Ce que Jésus admire, c’est que le centurion reconnait la toute puissance de Dieu, sans limite de distance; distance de lieu, distance de temps. Dieu surpasse la distance entre Lui et nous, notre distance de créature et de pécheur.

Le monde nous secoue durement. Il nous durcit où il faudrait de la douceur et nous amollit où il faudrait de la fermeté.
C’est la grâce d’une foi forte et profonde comme celle du lépreux, comme celle du centurion que je vous souhaite. Et la grâce d’être dans l’admiration de la Puissance et de la Bonté de notre Bon Jésus.
Que Dieu vous bénisse!

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