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Année 2022-Homélie pour le 20ème dimanche du temps ordinaire (JA).


Nous devons être prêts à affronter les divisions sans jamais manquer à la charité. Jésus a prié pour ceux qui le crucifiaient  en répondant au mal par une surabondance de bien et une surabondance généreuse de grâce.

 


Dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre, Jésus nous parle du feu, du baptême et de la paix qui comporte la division.

« Je suis venu apporter un feu sur la terre » : Jésus est descendu du haut du ciel et, par le mystère de son incarnation, il s’est manifesté aux hommes pour allumer dans les cœurs humains le feu de l’amour divin.
« Et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé » c’est-à-dire qu’il prenne et devienne une flamme activée par l’Esprit Saint et qu’il fasse jaillir des actes de bonté ! Le bon Jésus ne veut pas la méchanceté du monde, il brule du désir du bien.
Les saintes Ecritures, explique saint Cyrille, ont coutume de désigner par le feu les discours inspirés et divins. En effet, de même que ceux qui travaillent à l’épuration de l’or le purifient par le feu de toutes ses souillures, ainsi le Sauveur purifie par les enseignements de l’Evangile, par la vertu de l’Esprit Saint l’intelligence de ceux qui croient en lui. C’est donc là le feu salutaire et utile qui embrase d’ardeur pour la vie de la piété les hommes aux cœurs froids, aux cœurs éteints et glacés à cause du péché.
Jean Chrysostome dit : « Cette terre dont parle le Sauveur… c’est l’homme à qui Dieu inspire un feu tout divin pour détruire ses péchés et renouveler son âme ».

Le Christ annonce ensuite qu’il subira la mort sur la croix avant que le feu de cet amour n’enflamme l’humanité. C’est, en effet, la très sainte Passion du Christ qui a valu à l’humanité un don aussi grand et c’est avant tout le souvenir de sa Passion qui allume une flamme dans les cœurs fidèles.
« Je dois recevoir un baptême », autrement dit : Il m’incombe et il m’est réservé par une disposition de Dieu de recevoir un baptême de sang, de me baigner et de me plonger comme dans l’eau, dans mon propre sang répandu sur la croix pour racheter le monde entier.
« Et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! », en d’autres termes jusqu’à ce que ma Passion soit achevée, et que je puisse dire : « Tout est accompli ! » (Jn 19,30) (Denys le Chartreux). Jésus veut ardemment notre salut.
C’est sur la croix qu’on voit s’allumer ce grand feu de la charité. Et c’est en contact avec la croix que les saints eux-mêmes ont été allumés de ce même feu.

Le bon Jésus qui est venu allumer la flamme de la charité, de l’amour divin et qui brule du désir de sauver les hommes, continue en nous laissant pourtant entendre  les paroles suivantes : « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? ».
Saint Cyrille commente : « Que dites-vous, Seigneur ? Est-ce que vous n’êtes pas venu apporter la paix, vous qui êtes devenu notre paix (Ep 2), pacifiant par le sang que vous avez répandu sur la croix, tant ce qui est sur la terre, que ce qui est dans le ciel (Col 1), vous qui avez dit : « Je vous donne ma paix ? ».
« Il est évident que la paix a ses avantages, mais elle devient quelquefois funeste, et nous sépare de l’amour de Dieu, lorsque, par exemple, elle nous fait vivre en intelligence, en accord, avec ceux qui sont éloignés de Dieu, paix funeste!; et ce sont ces liaisons de la terre que le Sauveur nous enseigne à éviter. C’est pour cela qu’il ajoute : «Car désormais cinq personnes dans une maison seront divisées, trois contre deux et deux contre trois, … »».
« Les disciples fidèles de Jésus-Christ, nous dit saint Jean Chrysostome, consentirent non seulement à sacrifier tous leurs biens, mais à endurer tous les genres de souffrance, pour conserver la foi qu’ils avaient embrassée ».
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division ».
Cette division nous la voyons à un niveau personnel : la chair lutte contre l’esprit. Car il nous faut lutter contre nos défauts et nos péchés. Et donc la paix régnera en nous une fois que ces derniers seront vaincus par la grâce de Dieu et la pratique des vertus.
Mais l’appel de Dieu, ou plutôt les réponses à son appel divisent aussi les hommes entre eux : avec lui ou contre lui. Demeurer avec Jésus ou être contre lui.
C’est ce qui a fait affirmer à l’apôtre saint Paul : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ souffriront persécution » (2 Tim 3, 12).
Nous devons être prêts à affronter les divisions sans jamais manquer à la charité. Jésus a prié pour ceux qui le crucifiaient et a affronté l’hostilité en ne répondant pas à la violence par la violence et à l’injure par l’injure, mais en répondant au mal par une surabondance de bien et une surabondance généreuse de grâce. Nous devons, nous aussi, être prêts à affronter l’hostilité.

Nous devons accepter de prendre part à la passion du Christ pour avoir part, nous aussi, à la joie et à la gloire de sa résurrection.
Approchons-nous de la croix de Notre Seigneur ; qu’elle allume en nous le feu de son amour divin, afin de pouvoir accueillir la paix véritable qui vient de l’amitié avec notre bon Jésus.

 

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