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Année 2021- Homélie pour le dimanche de la Divine Miséricorde (JA).


Pour recevoir la miséricorde, nous devons reconnaitre nos fautes, les regretter et les confesser, avec le ferme propos de nous en corriger. Le meilleur moyen pour la recevoir étant de l’exercer soi-même envers les autres : par des actes, des paroles ou la prière.

 


C’est aujourd’hui le dimanche de l’octave de Pâques. En apparaissant aujourd’hui une deuxième fois aux disciples réunis Jésus ressuscité confirme son choix de rendre sacré le « dimanche » et non plus le « sabbat ».

Dans l’Evangile que nous venons de proclamer Jésus dit à ses disciples : «La paix soit avec vous ! Comme mon Père m’a envoyé, ainsi moi je vous envoie ».

Saint Grégoire nous explique : « C’est-à-dire, comme Dieu mon Père m’a envoyé, moi qui suis Dieu ; de même, moi qui suis homme, je vous envoie, vous qui êtes hommes. Le Père a envoyé son Fils, dont il a résolu l’incarnation pour la rédemption du genre humain. Il a voulu qu’il vînt au monde pour souffrir, et cependant il aimait ce Fils qu’il envoyait à la passion. Or le Seigneur, après avoir choisi ses Apôtres, les envoie dans le monde, non pour goûter les joies apparentes du monde, mais il les envoie, comme il a été envoyé lui-même, pour souffrir. Le Fils est aimé par le Père, et cependant envoyé pour souffrir ; de même les disciples sont chéris du Seigneur, qui les envoie dans le monde pour y trouver la souffrance. C’est donc avec raison que Jésus leur dit : « Comme mon Père m’a envoyé, ainsi moi je vous envoie ». Ce qui signifie : L’amour dont je vous aime, quand je vous envoie parmi les pièges des persécuteurs, c’est cet amour dont mon Père m’a aimé, lui qui a voulu que je vienne pour endurer la passion » (Homélie 26), et ainsi vaincre le monde.

Cela rejoint ce que nous dit Saint Jean dans sa première lettre : « Tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde ; et ce qui remporte la victoire sur le monde, c’est notre foi. Quel est celui qui est vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jn 5,4-5).
L’apôtre saint Jean célèbre en ce passage le mérite et les avantages de la foi ; il nous la présente comme une victoire qui met le monde sous nos pieds, le monde qui nous entoure, et le monde qui est au dedans de nous. La raison qui a porté l’Eglise à faire le choix pour aujourd’hui de ce texte de saint Jean se devine aisément, quand on voit le Christ lui-même recommander la foi dans l’Evangile de ce Dimanche. « Croire en Jésus-Christ, nous dit l’apôtre, c’est vaincre le monde » ; celui-là n’a donc pas la foi véritable qui soumet sa foi au joug du monde, celui-là qui essaye d’adapter la foi aux principes et maximes de ce monde.

Professons donc notre foi comme Saint Thomas l’a fait en ce jour : « mon Seigneur et mon Dieu ». Spécialement quand nous nous trouvons devant notre Dieu présent dans l’Eucharistie faisons nôtres les paroles de l’hymne composé par saint Thomas d’Aquin, l’Adoro Te devote :
« Je t’adore dévotement, Dieu caché Qui sous ces apparences vraiment prends corps, à Toi, mon cœur tout entier se soumet parce qu’à te contempler, tout entier il s’abandonne.
La vue, le goût, le toucher, en toi font ici défaut, Mais t’écouter seulement fonde la certitude de foi. Je crois tout ce qu’à dit le Fils de Dieu. Il n’est rien de plus vrai que cette Parole de vérité.
Tes plaies, tel Thomas, moi je ne les vois pas, Mon Dieu, cependant, Tu l’es, je le confesse, Fais que, toujours davantage, en toi je crois, Je place mon espérance, je t’aime ».

En ce dimanche nous fêtons la Divine Miséricorde. Fête demandée par le Seigneur lui-même par l’intermédiaire de Sainte Faustine.

« Je désire, disait Jésus à sainte Faustine, que la fête de la miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition ; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme de l’écarlate ».

Profiter de sa miséricorde exige de notre part un acte de foi, puisque sa miséricorde vienne jusqu’à nous principalement à travers les sacrements. Ainsi l’Evangile d’aujourd’hui nous dit que Jésus ressuscité apparait à ses apôtres et leur dit :
« Recevez l’Esprit-Saint. Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez ».

Pour recevoir la miséricorde, nous devons reconnaitre nos fautes, les regretter et les confesser, avec le ferme propos de nous en corriger. Le meilleur moyen pour la recevoir étant de l’exercer soi-même envers les autres : par des actes, des paroles ou la prière. « Si l’âme ne fait aucun acte de miséricorde quel qu’il soit, elle n’obtiendra pas ma miséricorde au jour du Jugement. Oh, si les âmes savaient amasser les trésors éternels, elles ne seraient pas jugées : elles devanceraient mon jugement par la miséricorde » (Jésus à sainte Faustine).

Demandons au Seigneur de pouvoir vivre profondément notre foi. Qu’elle imprègne toute notre vie.

Ainsi soit-il.

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